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Le député « vert », l’EPR et la règle de trois
jeudi 28 février 2013


Jacques FOOS (*)
- Professeur Honoraire au Conservatoire National des Arts et Métiers
- (Sciences et Technologies Nucléaires)

Le groupe écologiste de l’Assemblée Nationale a demandé, le 25 février, la création d’une commission d’enquête parlementaire sur les réacteurs nucléaires de troisième génération. "L’EPR vient de connaître un nouvel échec en Finlande", déclare le député Denis Baupin dans un communiqué. L’élu écologiste de Paris ajoute que, sur le site de l’EPR de Flamanville, en France, "le marasme est total". Dérive du calendrier, avec un quasi-doublement du temps de travaux prévu, dérive budgétaire avec un coût final estimé à 8,5 milliards d’euros, soit une multiplication par 2,5 du coût annoncé à l’origine", précise-t-il.

Pour ce qui concerne la dérive du calendrier, on peut dire que la raison peut être un défaut de communication. Pourquoi, alors que les réacteurs « 1 500 MWe-palier N4 », les plus proches de l’EPR, ont été construits en 10 ans en moyenne (maxi : 155 mois soit pratiquement 13 ans) sans que cela ait ému qui que ce soit, pourquoi a-t-on dit que l’on construirait cette tête de série en 54 mois soit en 4 ans ½ ? La durée de construction va être de 100 mois, malgré des aménagements non prévus au départ et qui correspondent au retour d’expérience de l’accident de Fukushima. On aurait pu annoncer au départ que l’on espérait le construire en 10 ans, ce qui correspondait déjà à une bonne performance ; on va le faire en un peu plus de 8 ans. Tous (sauf peut-être les anti-nucléaires) auraient pu à juste titre se féliciter et crier à l’exploit. Au lieu de cela, on traine un vague sentiment de retard par rapport à cette annonce présomptueuse.

Pour ce qui concerne le coût de l’EPR, l’important n’est pas son prix de construction brut mais plutôt celui ramené au nombre de kWh fournis. Puisque les écologistes prônent les énergies renouvelables, il suffit de comparer. Je préviens tout de suite : ça va être une litanie de chiffres, mais tous vérifiables. L’avantage avec les chiffres, c’est qu’on ne peut pas dire ou écrire n’importe quoi ! Les allergiques aux chiffres peuvent tout de suite aller à la conclusion !

La base de cette comparaison tient aux rendements de chaque source d’énergie. Quels sont-ils ?

L’EPR a une puissance électrique de 1600 MW et un rendement prévu de 91 %. Pour ne pas froisser les diverses susceptibilités, nous prendrons un rendement identique à celui des centrales nucléaires actuelles : 82 % (on voit qu’on fait là un raisonnement a minima que personne ne pourra nous reprocher !) Production annuelle d’électricité avec ce rendement : 11,5 milliards de kWh

Quel rendement en France pour le photovoltaïque ? Prenons une centrale installée dans le Sud de la France, de façon à récupérer le rendement maximal. En 2010, l’installation de la plus grande centrale de l’époque est à Curbans dans les Alpes de Haute Provence. Son constructeur indique une puissance de 26 MW pour une production annuelle de 33 millions de kWh. Cela donne un rendement de 14,4 %.

Pour ce qui concerne l’éolien, que nous dit France énergie éolienne ? : « Avec ses 6 640 MW installés (4 058 éoliennes), l’énergie produite en 2011 a été de 11,9 TWh donc pour un potentiel de 58,16 TWh » soit un rendement de 20%

Il suffit maintenant de considérer les dernières installations françaises, ou en projet (pour l’éolien off-shore). notre référence étant :

EPR : Coût 8,5 milliards d’euros ; Surface totale occupée : 112 ha

Pour le photovoltaïque, nous prendrons l’exemple de la ferme solaire de Toul-Rosières, située près de Nancy en Meurthe et Moselle : 450 millions d’euros investis par EDF pour une puissance électrique de 143 MW et un rendement prévu de 15 % ( ?). Surface occupée : 367 ha (dont 120 occupés par les 1,5 million de panneaux fabriqués par la Sté américaine First Solar).

Production annuelle d’électricité : 188 millions de kWh

Pour fournir la même quantité d’électricité qu’un EPR, (avec un rendement estimé de 15 %, ce qui est optimiste compte tenu que l’ensoleillement de la Moselle n’est pas celui du Midi de la France), il faut donc 61 fermes solaires de ce type. Surface occupée : 22 400 ha (dont 7 500 ha occupés par les 91 millions de panneaux !).

Photovoltaïque : Coût 27,5 milliards d’euros ; Surface totale occupée : 22 400 ha

Pour l’éolien on-shore , nous prendrons l’exemple du Parc éolien des Quatre Faux dans les Ardennes : 700 millions d’euros investis pour une puissance électrique de 330 MW et un rendement prévu de 20 %. 47 éoliennes de 7 MW sur une surface occupée de 300 ha

Production annuelle d’électricité : 578 millions de kWh

Pour fournir la même quantité d’électricité qu’un EPR, il faut donc 20 parcs éoliens de ce type. Surface occupée : 6 000 ha et 4,7 millions de tonnes de béton (5 000 tonnes/éolienne)

Éolien on-shore : Coût 14 milliards d’euros ; Surface totale occupée : 6 000 ha

Enfin, pour l’éolien off-shore, considérons le projet du parc éolien du banc de Guérande. 1,5 milliard d’euros investis pour une puissance de 450 MW et un rendement prévu de 23 %. 70 à 80 éoliennes de 6 MW sur une surface occupée de 3 600 ha avec des fondations impressionnantes (dimensions du socle : hauteur = 30 mètres + 14 mètres hors de l’eau ; d = 24 mètres)

Production annuelle d’électricité : 900 millions de kWh

Pour fournir la même quantité d’électricité qu’un EPR, il faut donc 13 parcs éoliens de ce type. Surface occupée : 47 000 ha.

Éolien off-shore : Coût 19,5 milliards d’euros ; Surface totale occupée : 47 000 ha

Pour des écologistes, je parle ici des défenseurs sincères de la Nature, le paramètre coût n’est pas le seul à prendre en compte. Il y a aussi la surface occupée indiquée ci-dessus pour chaque source d’énergie : on peut comparer. Il y a également la masse de béton : pour l’EPR, elle est d’un million de tonnes. Là aussi, on peut comparer. On pourrait aussi comparer la durée de vie des installations (pas plus de 20 ans par exemple pour le photovoltaïque ; 70 ans prévus pour l’EPR). Les petites installations paraissent toujours moins chères mais c’est un leurre comme on le voit ici. C’est comme lorsque, pour vous faire passer la pilule amère d’une dépense annuelle de 5 000 euros, on tente de vous rassurer en vous disant que ça ne fait jamais qu’un peu plus de 50 c€ par heure !

8,5 milliards d’euros, c’est certes une somme, à laquelle il faut bien sûr ajouter le coût du combustible. Mais, on n’arrivera jamais à une somme comprise entre 14 et 27,5 milliards d’euros comme avec le renouvelable ! Quant au coût du démantèlement, on en a beaucoup parlé et on l’a estimé pour le nucléaire mais pour les autres sources d’énergie ? Un seul exemple : pour l’équivalent d’un seul EPR, combien va couter le démantèlement de 91 millions de panneaux photovoltaïques composés de métaux lourds ?

Au départ, le coût estimé de l’EPR était de 3,5 milliards d’euros. La différence est importante : 5 milliards d’euros et … elle correspond à peu de choses près à ce que l’État doit rembourser à EDF (4,9 milliards d’euros), en grande partie pour compenser certaines charges de service public assumées par EDF, comme le financement des énergies renouvelables. Tiens, tiens … et qui va payer ?

Ne faudrait-il pas demander une commission d’enquête parlementaire pour examiner comment on en est arrivé à cette dépense outrancière qui va être supportée par les contribuables français, en plus des taxes déjà instituées pour cette raison sur le coût du kWh (voir ma récente chronique - n° 27- sur le coût du kWh) ? Et aussi qui sont les responsables de cette gabegie ?

26 février 2013

(*) auteur avec Yves de Saint Jacob du livre « Peut-on sortir du nucléaire ? » (éditions Hermann - oct 2011 - 270 p.) Prix du Forum Atomique Français 2012

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