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CNAM-PACA : Risque et Fiabilité Organisationnelle

28 janvier 2006

Intervention de Monsieur Yvon Pesqueux

Professeur Titulaire de la Chaire Développement des Systèmes d’Organisation du CNAM

Co-directeur du LIPSOR avec Monsieur Michel Godet

16 octobre CNAM - PACA



La logique de cet exposé va reposer sur un examen rapide de trois notions : celle de sécurité, de sûreté et de risque.

La substitution discursive du concept de risque à celui d’incertitude est significative à la fois de la continuité mais aussi d’une réinterprétation d’un projet de maîtrise du monde par ses dirigeants (en particulier ceux des entreprises) au travers d¹une notion reprise du langage courant, plus ou moins chargée des sens qui lui sont attribués dans d’autres champs et réinterprétée dans celui de la gestion et de l¹organisation :

- Continuité car il s’agit toujours de réduire l’incertitude, d’obtenir des garanties comme dans le projet du management scientifique qui naît au début du XX° siècle, avec la grande entreprises ;

- Réinterprétation car cette incertitude est étendue, au travers du concept de risque, non plus seulement aux personnes mais également aux situations.

A l’homo economicus de la théorie micro-économique répondait déjà les figures plus sociales de l’homo faber (celui qui conçoit) et de l¹animal laborans, celui qui fabrique.

La référence au risque conduirait à l¹évocation d¹une quatrième figure, de dimension politique, cette fois, mais entrant en résonance avec les précédentes, celle de l’homo vulnerabilis.

On peut déjà affirmer qu’à ce titre, qu’une perspective gestionnaire du risque est radicalement à la fois une perspective transdisciplinaire (les catégories de la gestion du risque sont totalement insuffisantes à rendre compte de la question) mais aussi celui d’une institutionnalisation de l’entreprise dans la mesure où ses dirigeants s¹arrogent, au travers du thème du risque, le droit de venir discuter du Bien Commun.

La représentation de l’entreprise comme collectif risqué mais sur la base de risques observables et gérables " déborde " du cadre comptable et juridique qui constituait jusqu’ici la représentation sociale qui était la sienne. L¹entreprise considérée comme l’archétype de toute organisation sociale est alors vue comme un collectif ayant des obligations énonçables dont le respect est observable dans les relations qu’elle tresse avec de multiples agents sociaux.

La logique de cet exposé va reposer sur un examen rapide de trois notions : celle de sécurité, de sûreté et de risque.